Personnages clés

Paul Valéry a écrit : « Rien de beau ne se peut résumer ».
Nous le tenterons cependant en présentant les grands thèmes
d’Allan Kardec (1804-1869) et de Léon Denis (1846-1927).

Voici les 10 points d’Allan Kardec :

1 – L’homme possède une âme ou Esprit, principe intelligent, en qui résident la pensée, la volonté, le sens moral, et dont le corps n’est que l’enveloppe matérielle. L’Esprit est l’être principal, préexistant et survivant au corps qui n’est qu’un accessoire temporaire. L’Esprit, soit pendant la vie charnelle, soit après l’avoir quittée, est revêtu d’un corps ou périsprit, qui reproduit la forme du corps matériel.

2 – L’Esprit est immortel ; le corps seul est périssable.

3 – Les Esprits, dégagés du corps charnel, constituent le monde invisible ou spirituel et au milieu duquel
nous vivons.

4 – La mort du corps ne change rien à la nature de l’Esprit qui conserve les habitudes intellectuelles et morales acquises pendant la vie terrestre.

5 – L’Esprit porte en lui-même les éléments de son bonheur ou de son malheur ; il est heureux ou malheureux en raison du degré de son épuration morale ; il souffre de ses propres imperfections dont il subit les conséquences naturelles, sans que la punition soit le fait d’une condamnation spéciale et individuelle. Le malheur de l’Homme sur la Terre provient de l’inobservance des lois divines ; quand il conformera ses actes et ses institutions sociales à ces lois, il sera aussi heureux que le comporte sa nature corporelle.

6 – Rien de ce que l’homme acquiert pendant la vie terrestre en connaissances et en perfection morales n’est perdu pour lui ; il est dans la vie future, ce qu’il s’est fait dans la vie présente.

7 – Le progrès est la loi universelle, en vertu de cette loi, l’Esprit progresse indéfiniment.

8 – Les Esprits sont au milieu de nous ; ils nous entourent, nous voient, nous entendent et se mêlent, dans une certain mesure, aux actions des hommes. Les Esprits n’étant autres que les âmes des hommes, on trouve parmi eux tous les degrés de savoir et d’ignorance, de bonté et de perversité qui existent sur la terre.

9 – Selon le Spiritisme, les Esprits, portant en eux-mêmes les éléments de leur félicité ou de leurs souffrances, sont heureux ou malheureux partout où ils se trouvent. Il y a pour ainsi dire autant de degrés parmi les Esprits qu’il y a de nuances dans les aptitudes intellectuelles et morales. A mesure que les Esprits avancent dans la perfection, ils habitent des mondes de plus en plus avancés, physiquement et moralement.

10 – Les Esprits peuvent se manifester aux hommes de diverses manières : par l’inspiration, les apparitions, la parole, l’écriture, les enregistrements sur bande magnétique.

Léon Denis, disciple et successeur d’Allan Kardec, fut, lui aussi, un penseur considérable. Il a éclairé le problème de la pluralité des mondes habités ou habitables et les a divisés en cinq classes :

Les mondes rudimentaires, séjour des âmes nouvelles. Ce sont ces mondes primitifs que les anciennes religions nommaient Inferi, mot dont on a abusivement tiré « enfers » et qui signifie tout simplement lieux inférieurs.

Les mondes expiatoires où le bien et le mal sont en lutte constante, où la vérité et l’erreur ne cessent de se combattre. La Terre fait partie de ces mondes : elle est par excellence la planète du travail et de la douleur ; la vie humaine est un combat perpétuel contre le déclin, la maladie, la mort et les désordres de la nature. L’Histoire, relayée par l’actualité nous montre combien les progrès sont lents, combien il a fallu de siècles pour atteindre le degré de civilisation relatif auquel nous sommes parvenus. Nous devons utiliser notre vie pour faire le bien, pour progresser et faire progresser les autres.

Les mondes régénérateurs sont gouvernés par la justice et la vérité. La Terre en fera partie quand les hommes seront meilleurs et plus éclairés, quand, dans le gigantesque conflit entre le Bien et le Mal, le premier aura définitivement remporté la victoire.

Les mondes heureux ont déjà réalisé une grande partie de leur évolution. Les esprits qui les peuplent vivent dans la fraternité, l’harmonie et l’amour.

Les mondes célestes ou divins représentent ces paradis dont nous ont parlé les grands poètes et les fondateurs de religion. C’est le séjour des Esprits les plus élevés et les plus purs. Ce sont eux que Dieu envoie porter ses volontés et ses messages.

Dieu est l’Esprit pur, incréé, éternel, cause initiale et ordonnatrice de l’Univers. On ne peut le définir car définir, c’est limiter. Or, Dieu est infini. Il est le cercle dont le centre est partout et la circonférence, nulle part. On ne peut pénétrer sa nature intime. Il est comme le soleil : si nous le regardons en face, Il nous aveugle ; si nous le regardons dans son rayon, Il nous éclaire.

Jean PRIEUR
auteur de «l’Europe des Initiés»